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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 25 mai 2017 Imprimer cette page

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Émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 25 mai 2017 – Mme Pauline Aganier, adoptée

Normay reçoit Mme Pauline Aganier, adoptée, qui a appris très récemment ce fait de vie. Elle nous raconte comment son statut d'enfant adopté lui a été révélé, sur un coin de rue... et tout ce qui s'en est suivi.

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RÉSUMÉ

Mme Aganier a appris son statut d'adoptée sur le coin d'une rue, près du Marché Jean-Talon, à Montréal. Elle a retrouvé une cousine via Facebook, il y a un an. Elles s'étaient perdues de vue, depuis plusieurs années, chacune ayant leur vie. Elles se sont rencontrées pour prendre un café, un déjeuner ensemble. Sa cousine partait pour la Floride, pour tout l'hiver, donc, Pauline lui avait demandé si elles pouvaient manger ensemble avant son départ compte tenu qu'elles seraient longtemps sans se voir. Elle était bien d'accord. C'était une belle journée, elles avaient pris un bon dîner, « placotaient » et Pauline allait travailler mais avait du temps devant elle. Elles quittent le restaurant, étaient sur un coin de rue, et tout en regardant les autos passer, sa cousine lui demande, à brûle-pourpoint: « Ça ne t'a jamais tenté de retrouver tes parents biologiques, toi? » Pauline a affiché « OFF »! C'était comme dans un film, au ralenti, comme un «black out ».

Pauline ne comprenait pas étant sous le choc! Peu à peu, son cerveau est revenu à la normale et là, elle se répétait les mots, biologiques, parents, quoi? Que disait sa cousine? Où as-tu pris cette information? Elle lui dit qu'elle était au courant depuis qu'elle était toute petite. C'est ce que les «vieux » disaient. Tu me dis que j'ai été adoptée? Est-ce que je comprends bien? Là, sa cousine s'est aperçue qu'elle n'en avait pas été informée et s'est sentie très mal, autant que Pauline. Sa cousine était convaincue que Pauline connaissait son statut d'adoptée depuis longtemps. Pour elle, c'était poser une question banale, comme tant d'autres. Ses parents ne lui avaient jamais avoué qu'elle était adoptée.

Une anecdote est survenue alors qu'elle avait 17-18 ans, où ses frères et elle travaillaient pour l'entreprise paternelle. Elle a entendu au loin un de ses frères poser une question en rapport avec le testament de leur père lui signifiant que le nom de Pauline ne devrait pas y apparaître parce qu'elle était une étrangère. En entendant cette phrase, Pauline a figé mais elle a entendu son père entrer dans une colère terrible en répondant qu'elle était leur soeur, qu'elle était leur fille. Son frère, fauteur de troubles, devait encore vouloir attirer l'attention, comme d'habitude. Leur père a donc fait un retour sur les choses sachant que Pauline avait dû entendre: « Non, non. Tu n'as pas été adoptée, tu es notre fille, on te le jure. » Le sujet était maintenant clos. Ses frères sont nés de ses parents adoptifs. Ce devait être encore une invention de la part de son frère, se disait-elle, mais, de cette histoire, un petit doute subsistait et était fatigant.

Plus tard, pour son mariage, Pauline devait se procurer son baptistaire de l'église où ses parents l'avaient fait baptiser. Baptisée à l'église de St-Jean-de-Matha et à Ville-Émard. Tout semblait exact, avec les noms ainsi que pour son passeport. Sur son baptistaire de Ville-Émard était inscrit née le 11 juillet 1956 et baptisée le 13 juillet 1956, à St-Jean-de-Matha.

Ses parents adoptifs avaient fait une demande en mai 1956 pour une petite fille. Sa mère adorait les enfants, désirait une fille et avait dû subir une hystérectomie, à un jeune âge. Ils sont donc allés à la Crèche de la Miséricorde, dans un premier temps, pour choisir leur fille, à ses trois semaines, et sont revenus pour l'accueillir définitivement avec eux, dans leur famille, deux semaines plus tard. Elle était donc âgée de 5 semaines seulement, une fois à la maison. Elle aurait fait soit disant un beau sourire à ses futurs parents qui l'auraient choisie.

Ses parents n'avaient jamais rien dit en rapport avec son adoption. Ils avaient peur qu'elle les rejette en disant: « T'es pas ma mère, t'es pas mon père! » à la lumière de l'expérience qu'ils avaient eue sous les yeux, d'un oncle et d'une tante qui avaient adopté deux filles dont l'une pour qui ça ne s'était pas bien passé quand elle avait su ses origines primaires véritables. Elle avait fait toute une crise et beaucoup d'ennuis à ses parents adoptifs. Sans doute les parents de Pauline voulaient-ils éviter cette possible situation. Après ce qu'ils avaient vu, ils étaient encore plus sur leurs gardes et, par conséquent, ne voulaient pas parler d'adoption, sans doute.

Après la fameuse question sur le coin de la rue, Pauline, âgée de 60 ans bientôt 61, a quand même bien accusé le choc sans en vouloir à ses parents adoptifs de ne pas lui avoir dit la vérité. Certain(e)s se sentent trahi(e)s mais pour Pauline, elle a cru qu'ils avaient fait ce qu'ils croyaient le mieux de faire pour elle, pour eux et pour leur famille. Il y a plusieurs réactions différentes devant un tel secret dévoilé!

Après avoir contacté des gens de la famille et à la veille des Fêtes, Pauline n'a pas voulu bouleverser sa mère âgée de 88 ans avec le fait qu'elle savait qu'elle était adoptée. Même si elle fait des recherches, elle ne retrouverait peut-être jamais, se disait elle, ou alors sa mère serait peut-être décédée et elle ne voulait pas « brasser » plein de choses.

Dans sa famille, elle a été choyée, gâtée et a eu plus que le nécessaire et jamais on ne lui a fait sentir une différence par rapport à ses frères. Sa mère adoptive est toujours vivante. Pauline se considère chanceuse de ne pas être restée longtemps à la crèche, de ne pas avoir été, comme beaucoup d'autres, « trimballée » d'un foyer d'accueil à un autre, d'avoir été adoptée à 5 semaines. Elle a vécu pendant 60 ans une belle vie, somme toute.

Pauline n'a appris qu'elle était adoptée qu'il y a seulement 6 mois, à la mi-novembre 2016. Elle a décidé de faire des recherches mais par où commencer, où aller? Elle s'est rendue sur Internet et a tapé « retrouver mes parents biologiques » qui l'a dirigée vers le Mouvement Retrouvailles. Elle a téléphoné à Caroline Fortin et elle lui a expliqué comment s'y prendre et lui a fait parvenir les documents nécessaires en lui envoyant par e-mail la manière de les remplir pour faire un suivi avec le Centre jeunesse avec lequel elle a demandé ses antécédents sociobiologiques en spécifiant une demande pour sa fratrie.

Après que Pauline a été au courant de son adoption, sa mère adoptive lui a fourni des informations à savoir que sa mère d'origine avait 18 ans, à sa naissance, et qu'elle portait le nom de Pierrette Archambault ou alors ce serait le nom qu'elle aurait voulu donner à Pauline. Le nom des mères n'était pas divulgué; elles voulaient accoucher dans l'anonymat, à l'époque. Elles avaient un numéro et un nom fictif malgré que dans certains cas, certaines personnes ont pu avoir ce détail par une erreur administrative, par exemple. Il arrivait qu'on laisse le prénom de la mère.

Pauline est donc maintenant en attente de ses antécédents sociobiologiques du Centre jeunesse et pourra confirmer si le nom de Pierrette Archambault y est mais ce serait très surprenant. Elle est née à 20 heures, à la Crèche de la Miséricorde de Montréal, le 11 juillet 1956.

Pauline nous mentionnait que si ses démarches aboutissaient vers une retrouvaille, elle aimerait être accompagnée par quelqu'un du Mouvement Retrouvailles (qui a déjà un vécu dans ce sens). L'accompagnement peut se faire aussi par un(e) intervenant(e) du Centre jeunesse. C'est primordial de se sentir soutenu(e) dans ce processus où l'on vit toute une montagne russe d'émotions. Le Mouvement Retrouvailles est toujours là aussi pour les post-retrouvailles car de ce côté, les Centres jeunesse ne s'impliquent pas vraiment après les retrouvailles et c'est tout aussi important de se sentir épaulé(e) pour les après-retrouvailles.

Merci à Normay, merci à Pauline pour avoir partagé avec nous son témoignage et merci à Jean-Paul pour la chanson « À mon père et à ma mère » (Étienne Drapeau).
Finalement, merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l’émission.

Si vous le désirez, vous pouvez vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!
Marthe Charest
Mère d’origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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