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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 20 octobre 2016 Imprimer cette page

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Loin des yeux, Près du cœur – Votre émission du 20 octobre 2016 – Mme Francine Lévesque

Normay reçoit Mme Francine Lévesque, laquelle se fait la porte-parole de la famille pour retrouver leur soeur aînée, née à l'hôpital Miséricorde de Québec, vers la mi-décembre 1947, sous le nom possible de "Gertrude".

Pour écouter votre émission :


VOTRE RÉSUMÉ :

Le 26 juin dernier, un dimanche soir de congé, Mme Francine Lévesque reçoit un appel de sa soeur Mariette (entrevue le 22 septembre dernier) pour l'inviter à rejoindre ses frères et elle chez leur frère Raymond. Francine n'est malheureusement pas disponible. Mariette l'appelle donc à nouveau et lui apprend alors la nouvelle d'un secret vieux de 70 ans, que sa mère Rose-Anne lui a confié, lors de sa visite au CHSLD.

Âgée de 18 ans, Rose-Anne s'était rendue chez sa soeur qui venait d'accoucher de son deuxième enfant, pour aller l'aider dans ses « relevailles » . Son beau-frère a profité de l'occasion pour la violer et Rose-Anne est devenue enceinte.

Les membres de la famille Lévesque, avec Francine comme porte-parole, recherchent leur soeur aînée, née à l'Hôpital de la Miséricorde de Québec, vers la mi-décembre 1947 (+ ou - 11 décembre) , sous le nom probable de « Gertrude » (donné peut-être par sa mère ou par les religieuses).

Leur mère s'est sentie sale durant toute sa vie. Elle aimait ses enfants mais n'arrivait pas à leur démontrer par des câlins. Elle se sentait indigne et aurait dit à une préposée du CHSLD que lorsqu'elle mourrait, elle brûlerait en enfer parce qu'elle avait eu un enfant hors-mariage. C'est le genre de propos qu'on leur tenait, à cause de l'emprise de la religion catholique, dans les années '40, '50, '60 et +. Les filles-mères du temps ont été jugées, condamnées et rejetées. Elles se sentaient coupables et honteuses de leur condition. Elles déshonoraient le clergé, leurs parents, leur famille, la paroisse, le village, bref, elles étaient considérées comme des « brebis galeuses ».

Quand Rose-Anne a parlé à la préposée du CHSLD, celle-ci l'a rassurée en lui disant que même si elle avait donné naissance à sa fille en dehors des liens du mariage, elle ne brûlerait pas en enfer, qu'elle n'avait pas à s'inquiéter.

Tout au long de sa vie, elle avait peur et appréhendait les réactions de ses enfants si elle leur avait révélé l'existence de « Gertude » . Même 70 ans après cette naissance, la peur d'être jugée et rejetée était encore présente dans son esprit et elle n'a pas oublié sa fille. Plusieurs paroles, phrases et comportements de leur mère s'expliquent maintenant en connaissant son secret.

Mme Mariette Lévesque a communiqué avec le Mouvement Retrouvailles qui l'a référée au Centre jeunesse. Sa soeur « Gertrude » avait déjà effectué des recherches en 1992.

Relance en mai- juin 2002, Rose-Anne a refusé totalement et spontanément les retrouvailles. Elle a dit à son travailleur social: « De quel droit va-t-on venir ressasser tout mon passé, celui que j'ai tenté d'oublier pendant toute ma vie? »

Au final, elle avait peur, s'interrogeait sur le bien-fondé de revoir sa fille et tout plein de questions lui trottaient dans la tête. À l'Hôpital de la Miséricorde de Québec, elle a signé le formulaire du consentement à l'adoption. Elle a vu son bébé quelques instants seulement. Rose-Anne n'a pas refusé le contact parce qu'elle n'aimait pas sa fille ou qu'elle ne voulait pas la voir mais ce sont bien les émotions, les préjugés, les blâmes, le déshonneur qu'elle a vécus à cette période-là de sa vie qui lui remontaient en tête, qui lui faisaient si mal car ce passé a été difficile, éprouvant et souffrant pour elle, même 70 ans plus tard. Malgré son refus, la fille de Rose-Anne doit sans doute continuer de rechercher ses origines, de son côté... espoir...

Francine, en apprenant ce lourd secret, a ressenti une colère, dirigée vers la situation, l'événement, l'agression, en tant que telle, et aussi vers l'époque où les agresseurs étaient protégés et les filles-mères, punies. Après 4 mois, Francine décante tout doucement de sa colère. Mariette, sa soeur, avait beaucoup de peine pour sa mère qui vivait à l'ombre d'elle-même, une vie de silence, de « moins que rien » , de déshonneur. Raymond, un de leurs frères, le benjamin, se posait souvent des questions en rapport avec le comportement, les agissements de sa mère, Avec ce « coming out », lui, comme ses soeurs et leur frère Gabriel, pouvaient mieux comprendre leur mère qui était timide, réservée, effacée, ne prenait pas sa place, était fermée comme une huître et ne voulait surtout pas attirer l'attention sur elle.

Merci à Normay, merci à Mme Lévesque et bon succès à elle et aux autres membres de sa famille dans leurs recherches. Partagez le plus possible cette émission, s'il vous plaît. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay, et merci aussi pour la pièce musicale qu'il a choisie : « On se retrouvera » (Élodie Frégé). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

Si vous le désirez, vous pouvez toujours vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB. À la semaine prochaine!

Marthe Charest

Mère d'origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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