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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 22 septembre 2016 Imprimer cette page

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LOIN DES YEUX, PRÈS DU COEUR - Votre émission du 22 septembre 2016

Normay St-Pierre reçoit Mme Mariette Lévesque qui recherche, pour sa mère Rosanne, une petite fille confiée à l'adoption, née le 11 décembre 1947 à la Miséricorde de Québec.

Pour écouter votre émission :


RÉSUMÉ DE L'ÉMISSION :

Mme Lévesque recherche la fille de sa mère Rosanne, confiée à l'adoption. Rosanne est la 7e d'une famille de 13 enfants. Elle est originaire de Saint-Elzéare-de-Témiscouata, dans le Bas du Fleuve.

Mme Rosanne demeure dans un CHSLD depuis deux ans. Elle a une tumeur frontale, a quelques pertes de mémoire et fait un peu de démence. Cependant, il y a des périodes de lucidité comme celle du 26 juin dernier. Mariette est allée visiter sa mère et c'est à ce moment-là qu'elle lui a dit: « Il faut que je te dise quelque chose et tu vas avoir honte de moi. À 18 ans, j'ai donné naissance à un bébé fille, le 11 décembre (date probable) 1947, à l'Hôpital de la Miséricorde de Québec. » Rosanne avait besoin depuis fort longtemps de faire cette confession.

À 18 ans, Rosanne était allée aider sa soeur qui venait d'accoucher de son deuxième enfant. Son beau-frère a profité de l'occasion pour la violer, elle est devenue enceinte. C'est donc son beau-frère qui est le père.

Dans la même semaine que le 26 juin, Mariette est retournée voir sa mère et lui a demandé qui l'avait reconduite et recherchée ensuite après son accouchement et c'était son père. Elle a bien sûr été jugée car c'est elle qui portait l'enfant et on la culpabilisait. À la Miséricorde de Québec, Rosanne s'occupait des bébés et les religieuses, pour la plupart d'entre elles, étaient gentilles avec elles et avec les autres filles-mères.

Les plus vieux de la famille et leur père étaient au courant de cette situation mais ils gardaient le secret par respect pour la volonté de Rosanne. Ils ne visitaient plus la famille du beau-frère, et pour cause, mas les plus jeunes ne savaient pas pourquoi.

Rosanne s'est sentie coupable et honteuse toute sa vie. Elle était réservée et ne prenait pas sa place. Elle avait peur que ses enfants ne l'aiment plus si elle leur révélait son secret. Rosanne s'est toujours sentie salie par le viol et Mariette nous racontait qu'elle a reçu le premier câlin de sa mère, il y a 3 mois, à l'âge de 58 ans, Rosanne ne pouvant le faire avant se sentant salie à cause du viol.

On peut aisément remarquer que cette naissance a toujours suivi Rosanne dans son esprit et dans le temps. Elle en avait même parlé à la directrice du CHSLD, en 2015. À l'époque des crèches, les filles-mères étaient pointées du doigt, blâmées, indignes et devaient expier leur faute, en quelque sorte, même si elles avaient été victimes de viol et iraient brûler en enfer comme le pensait Rosanne. C'est épouvantable!

Mme Lévesque a communiqué avec le Mouvement Retrouvailles qui la référée au Centre jeunesse. Sa soeur avait déjà effectué des recherches en 1992. En mai ou juin 2002, Rosanne a refusé totalement et spontanément les retrouvailles. Elle a dit à son travailleur social: « De quel droit va-t-on venir ressasser tout mon passé, celui que j'ai tenté d'oublier pendant toute ma vie? »

Au final, elle avait peur, s'interrogeait sur le bien-fondé de revoir sa fille et tout plein de questions lui trottaient dans la tête. À la Miséricorde de Québec, elle a signé le formulaire du consentement à l'adoption. Elle a vu son bébé quelques instants seulement qui avait été nommée Gertrude à la crèche.

Rosanne n'a pas refusé le contact parce qu'elle n'aimait pas sa fille ou qu'elle ne voulait pas la voir mais ce sont bien les émotions, les préjugés, les blâmes, le déshonneur qu'elle a vécus à cette période-là de sa vie qui lui remontaient en tête, qui lui faisaient si mal car ce passé a été difficile, éprouvant et souffrant pour elle, même 70 ans plus tard.

Mme Lévesque était abasourdie par toutes les confidences de sa mère mais elle lui posait quand même des questions, bien calmement même si à l'intérieur tout bouillonnait, en elle. Comme elle a eu un doute, elle a appelé sa tante Yvette pour valider les dires de sa mère. Yvette a confirmé que les propos de Rosanne étaient véridiques et qu'elle avait été mise au courant de nombreuses années après le mariage de Rosanne. Les personnes qui connaissaient cette histoire ne voulaient pas dévoiler le lourd secret de Rosanne de peur de la peiner, l'offenser voulant respecter sa volonté de taire de pan de sa vie.

Après la validation des confidences de sa mère, Mme Lévesque a appelé les autres membres de la famille pour les informer de cette naissance issue d'un viol. Elle s'est toujours oubliée pour penser à ses enfants.

Mme Lévesque voudrait bien retrouver sa soeur et il y a URGENCE de faire avancer les choses. Rosanne a fait un infarctus l'hiver dernier. Ça serait le plus beau cadeau que la vie pourrait lui apporter si Rosanne pouvait voir sa fille ou, à tout le moins voir une photo d'elle avant de quitter la terre...

Mme Lévesque a placé un avis de recherche à deux reprises sur Facebook. Toute leur famille est tissée serrée. Les membres sont conbtent de savoir qu'ils ont une soeur et elle serait bienvenue parmi eux. Ils ne sont pas riches mais ce sont des gens travaillants avec le coeur à la bonne place.

Ils ont eu aussi un très bon père qui a toujours aimé Rosanne et respecté le secret qu'elle lui avait avoué. Il est décédé, il y a 20 ans et, même s'il était alcoolique, il n'était pas violent ni abuseur.

Tous nos meilleurs souhaits à Rosanne, à Mariette et à toute la famille afin que ce cri du coeur soit entendu car cette fille/cette soeur est attendue et serait accueillie bien chaleureusement par toutes et par tous.

Merci à Normay et merci à son invitée Mme Lévesque et aux autres membres de sa famille à qui nous souhaitons la meilleure des chances pour retrouver leur soeur, du vivant de leur mère. Merci pour le soutien technique formidable de Jean-Paul, le bras droit de Normay et merci aussi pour la très belle pièce musicale qu'il a choisie : « Ma fille » (composée par Serge Reggiani et interprétée par Isabelle Boulay). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

Si vous le désirez, vous pouvez aussi vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest

Mère d'origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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