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Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 8 septembre 2016 Imprimer cette page

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LOIN DES YEUX, PRÈS DU COEUR - Votre émission du 8 septembre 2016

Mme Normay St-Pierre reçoit Mme Éliette Bouchard, mère d'origine qui a retrouvé son enfant confié à l'adoption. Elle nous raconte son histoire.

Pour écouter votre émission :


RÉSUMÉ

Émission Loin des yeux, près du coeur du 8 septembre 2016
Invitée: Mme Éliette Bouchard
Mme Bouchard est une mère d'origine qui, comme tant d'autres, n'a pas eu le choix de confier son fils à l'adoption. Cette décision lui a été imposée.

Son fils est né en 1961, Elle s'est mariée par la suite, a fondé sa famille mais les autres enfants ne remplaceront jamais celui qu'elle a perdu, c'est impossible d'oublier! Elle pensait à son fils à tous les jours. Elle se demandait s'il était bien, s'il était adopté et s'il l'était, avait-il de bons parents, était-il en santé etc.? À chaque année, elle faisait un relance au Centre des Services Sociaux.

Avant son mariage, quand elle s'est rendu compte que sa relation amoureuse devenait plus sérieuse, elle a dit à son futur conjoint qu'elle avait mis au monde un garçon car ça aurait été trop difficile pour elle de le lui cacher. Il n'y a pas eu de drame. Les enfants ont aussi été mis au courant, au fil des ans, quand ils ont eu l'âge de comprendre.

Elle a retrouvé son fils en 2010 mais elle ne l'a pas encore rencontré, à ce jour. Elle a au moins pu lui expliquer l'histoire de ses débuts de vie, lui dire qu'elle l'aimait, qu'elle ne l'avait pas abandonné et que c'était une belle histoire d'amour. Elle a ressenti une grande libération car tout garder ses interrogations en elle, au cours de tant d'années, grugeait et drainait son énergie. Même si elle ne l'a pas encore vu, dû au fait qu'elle lui a dit ce qu'elle avait toujours voulu lui dire, elle se sent beaucoup mieux. Son fils demeure à Las Vegas et parle anglais.

Pour le côté médical, elle n'a pas de secret non plus pour lui et par ailleurs, elle dit aussi que chaque enfant devrait connaître ses débuts de vie, ce devrait être un droit.

Son deuxième enfant, une fille, a été baptisée le même jour que son premier fils est né. Elle était heureuse pour sa fille mais elle ne pouvait pas oublier son fils pour autant, en entendant sonner les cloches.

Depuis le premier jour où elle s'est rendue à l'Hôpital de la Miséricorde de Québec, elle voulait garder son fils. Même après la naissance, elle était convaincue qu'elle pourrait le garder donc, elle n'a pas trop pleuré. Elle l'a eu à ses côtés, un quinzaine de minutes. Ensuite, on a pris son bébé sur la table d'accouchement. Elle pensait qu'ils allaient le porter à la pouponnière et qu'elle pourrait le reprendre à cet endroit. Le personnel médical était au courant de sa décision mais la décourageait de le faire. Elle a fait une dépression, par la suite. C'était cruel! Elle a signé finalement le formulaire du consentement à l'adoption; on l'a forcée.

Toutes ces années étaient difficiles car c'était invivable de ne pas savoir pour son fils tel un enfant disparu. En 1984, elle a su que son fils habitait aux États-Unis. La barrière des langues n'est pas trop un obstacle car elle se sert du traducteur de Google lorsqu'elle lui envoie des messages, via Internet. Ils finissent toujours par se comprendre. Éliette a maintenant des relations avec sa famille élargie qu'elle appelle affectueusement sa p'tite famille américaine avec laquelle elle communique sur Facebook.

Un des enfants d'Éliette n'était pas très surpris d'apprendre qu'elle avait eu un fils avant son mariage. Il ne savait pas que c'était ça précisément mais il savait que sa mère avait vécu un drame car elle avait les yeux tristes. À la Fête des Mères, à Noël, à Pâques, à l'anniversaire de son fils, encore plus particulièrement, elle y pensait. Même le jour de sa fête, elle lui cuisinait un gâteau, en cachette, plaçait les bougies et les soufflait.

À ses 50 ans, son fils lui écrivait: « Le temps passe trop vite! » et Éliette de lui répondre: « Il passe encore plus vite pour moi, bien sûr! » Par son fils, elle est grand-mère et même arrière-grand-mère, ce qui fait son grand bonheur!

À chaque année, elle lui envoie une lettre et du sucre à la crème. Ça lui fait plaisir de savoir qu'il peut au moins goûter à sa nourriture compte tenu qu'il n'a jamais pu le faire étant plus jeune... comme si ça la rapprochait de lui un peu plus. Il sait qu'elle lui ouvrirait les bras si c'était son désir. Il lui a dit: « Je n'ai pas connu l'époque des crèches mais tu as dû beaucoup souffrir de laisser ton enfant. Je ne t'en ai jamais voulu. »

Avec le Mouvement Retrouvailles, on peut faire des retrouvailles de façon confidentielle, si c'est notre souhait. Il ne faut pas se gêner pour recevoir de l'aide, des conseils, de l'écoute et de l'accompagnement. La plupart des réponses qu'obtiendraient les mères, si elles faisaient davantage de recherches, seraient pour la plupart comme celles du fils d'Éliette.

Éliette a quitté sa ville car elle était comme une « criminelle », aux yeux des gens. Elle est partie pour « sauver la réputation de ses parents » car elle-même n'aurait pas quitté sa ville. À cette époque, c'était une honte que d'avoir sous son toit une fille-mère car il y avait beaucoup de jugements et la religion était omniprésente donc, mettre au monde un enfant en dehors des liens sacrés du mariage était un péché grave.

Le témoignage d'Éliette est éloquent, inspirant. Les mères d'origine devraient faire une demande de recherche pour leur enfant, faire un pas avant qu'il ne soit trop tard. Si elles le font tardivement, dans leur vie, elles risquent d'être très malades, de souffrir d'Alzheimer ou voire même de décéder sans avoir pu connaître leur enfant et c'est bien malheureux.

En 2016, les gens peuvent comprendre, autre temps, autres moeurs et savent que l'époque des crèches en était une de noirceur, de rigidité, de honte, de culpabilité et elle est révolue. Même si des retrouvailles se font dans l'anonymat, le OUI est comme un gros lot pour les deux parties concernées, même si elles ne sont pas au grand jour.

Merci à Normay et merci à Mme Bouchard pour son témoignage chaleureux, émouvant et vrai, tout en insufflant de l'espoir aux mères d'origine craintives de débuter des recherches. Merci pour le soutien de Jean-Paul, collaborateur technique de Normay et merci pour la très jolie pièce musicale qu'il a choisie, You and me against the world (Helen Reddy ). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest

Mère d'origine qui a retrouvé sa fille

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LA PETITE BOTTINE BLANCHE



La dernière fois où j’ai vu mon fils, il avait près de 4 mois et il était à la pouponnière de la crèche St-Vincent-de-Paul de Québec. Je lui avais déjà apporté des petites bottines blanches avec une petite sonnette dessus. Ce jour là, il les portait.



À un certain moment, alors qu’il n’y avait personne aux alentours et que celle qui s’occupait de mon bébé l’avait dans les bras pour mieux me le montrer, je l’ai suppliée d’entrouvrir la porte pour que je puisse le toucher. Après avoir bien vérifié que nous étions seules, elle s’est nerveusement rendue à mon désir mais.... une soeur passe… la jeune fille repousse vivement ma main et je n’ai pas eu le temps... ma caresse pour mon fils s’est perdue sur une petite bottine blanche qui est devenue infinie pour moi....



Après, je ne voyais presque plus rien, il y avait trop de larmes dans mon coeur et dans mes yeux. Mais, j’ai pourtant vu mon fils qui pleurait lorsqu’ìl a été recouché dans son lit, bien trop grand pour lui. Si petit, la tête retournée en arrière, il m’a suivi des yeux aussi longtemps qu’il a pu me voir le long de la vitrine de la pouponnière… il avait presque 4 mois. Je ne l’ai jamais revu.



Ses larmes, son regard et sa petite bottine blanche devenue infinie sont les derniers souvenirs que j’ai de lui, imprimés au fer rouge dans tout mon être...



Cet écrit composé en pensant si fort à lui, aidera peut-être les enfants adoptés à mieux comprendre l’amour d’une mère, de leur mère, même si la vie ne leur a pas permis de mieux se connaître...



ELIETTE MARCELLA qui attend toujours son fils







Ce fait relaté par Eliette a certainement été vécu par plusieurs mères déchirées de devoir confier leur enfant à l’adoption, bien malgré elles. Il faut que les personnes confiées à l’adoption se rappelle des pressions sociales de l’époque, des dominations religieuses et familiales et des fameux « quand dira-t-on&

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