Abonnez-vous à notre web radio sur soundcloud

  Abonnez-vous à notre chaîne YouTube


Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 23 juin 2016 Imprimer cette page

Partager

Émission « Loin des yeux, Près du cœur » du 23 juin 2016 – M. Daniel Lafrenière


Normay St-Pierre reçoit M. Daniel Lafrenière, adopté, né le 4 octobre 1953 à l’Hôpital Miséricorde de Montréal, nous raconte son histoire et nous parle de son livre en préparation “Kidnappées par l’Église. Trahies par l’État”.

ERRATUM : ADRESSE COURRIEL POUR REJOINDRE M. LAFRENIÈRE : enfantensoie7@gmail.com – Son livre sera disponible en version PDF sur le web très bientôt. Vous pourrez également bientôt visiter son blog sur : www.brisenoirceur.com


Pour écouter votre émission :


***********************

Votre émission «Loin des yeux, près du coeur » du 23 juin 2016
Invité: M. Daniel Lafrenière

CLIQUEZ sur le lien ci-dessous pour écouter l'émission:
https://soundcloud.com/…/loin-des-yeux-pres-du-coeur-23-jui…

D'entrée de jeu, M. Lafrenière nous fait part que depuis toujours, en fait, dans son inconscient, il recherchait sa mère. Cependant, pour faire des recherches officiellement parlant, pour sa mère, ça remonte à environ une quarantaine d'années.

Il a fait quelques demandes à son Centre jeunesse. Il a reçu ses antécédents sociobiologiques. Il est né le 4 octobre 1953 à l'Hôpital de la Miséricorde de Montréal, sous le nom fictif de Joseph Marc Chalifoux. Sa mère d'origine avait 23 ans, à sa naissance, était commis de bureau et avait complété son cours commercial à l'âge de 16 ans. Elle habitait la région 06, était en santé, intelligente et bilingue. Le nom de son père d'origine n'apparaît pas dans son dossier.

Sa fille Rebecca lui a offert un livre qui changera sa vie à jamais: « Retrouver l'enfant en soi » de John Bradshaw (première édition 1992). Il a passé les 7 premiers mois de sa vie à la crèche, sans doute plutôt seul, en attente, en carence affective et en manque d'attentions, de par le peu de disponibilité du personnel soignant (et averti aussi de ne pas trop « s'attacher » aux bébés et aux enfants) . Par conséquent, les conflits non résolus de son enfance se sont répercutés dans sa vie d'adulte. Il a adopté plusieurs comportements compulsifs en courant continuellement dans sa vie, en consommant, en fuyant, en sabotant ses relations affectives à cause de la blessure intérieure qui l'habitait. Il a eu beaucoup de difficulté à se fixer, était instable, sans point d'ancrage. Cet état de fait a perduré jusqu'à l'âge de 50 ans où il a atteint le fond du baril.

En 2003, donc, en relation de dépendance affective, avec la rencontre d'une personne cocaïnomane, sans en avoir consommé lui-même auparavant, il est entré dans une dépression sévère et c'était dans l'ordre des choses qu'après une course effrénée, une fuite de la réalité, depuis si longtemps, qu'un sentiment de « vide » l'accompagne.

Il avait renoué avec son aînée Rebecca qui lui a un jour offert le livre de Bradshaw, comme mentionné en début d'entrevue. Il a tenté les Alcooliques Anonymes et toutes les sortes de thérapies confondues mais jamais rien ne l'aidait vraiment, rien ne l'«accrochait ».

Quand il l'a reçu, il l'a « dévoré» d'une couverture à l'autre, le jour même, et il s'est dit qu'il avait trouvé un trésor... Il y avait enfin trouvé les outils nécessaires pour faire une thérapie sur lui-même. En se connectant à son enfant intérieur, en s'adressant à lui, il a pu arriver à se « guérir » , à se prendre en charge. En étant à l'écoute de lui-même, dans sa plus grande fragilité, vulnérabilité, il a découvert qu'il était une enfant « bleu », paniqué, qui avait peur. En se laissant transporter vers des souvenirs inconscients du passé, pas pour y revivre mais, en les revisitant, il pouvait davantage comprendre les réactions de sa vie d'adulte actuelle. Au lieu de « réagir », il peut maintenant « agir »! Il a « régressé » jusqu'à ses 7 mois de vie et son ressenti était tellement intense qu'il s'est rendu à l'hôpital croyant être terrassé par un infarctus tellement ses palpitations étaient fortes.

Il a senti l'ampleur de sa blessure vive qu'il avait subie, seul à la crèche! Après avoir été mis en contact avec cette souffrance intérieure profonde, il a ressenti beaucoup de compassion et de bienveillance, à son endroit.
On avait toujours voulu étouffer son « mal-être », étouffer le fait qu'il avait été adopté et par conséquent, refuser d'entendre que les premières expériences de sa vie avaient été traumatisantes et qu'elles avaient pu être, par la suite, à la base de ses misères humaines...
« Retrouver l'enfant en soi » lui a « sauvé la vie »! C'était la première fois qu'il pouvait respirer et qu'il avait l'impression qu'il pouvait faire lui-même quelque chose POUR lui-même.

Tristement, il dit avoir été absent pour ses enfants mais sa fille l'a mieux vécu que son fils. Rebecca s'est dirigée vers sa mère alors que son fils, lui, voulait une image paternelle, ce que sa mère ne pouvait pas lui apporter même si elle était une bonne mère.

En 2016, il se porte beaucoup mieux et il a décidé de se mettre à l'écriture. Il a vécu avec beaucoup de gens souffrants. Il s'est retrouvé partout où il y avait de la souffrance et de l'instabilité, comme un aimant. Compte tenu qu'il était souffrant et instable, il côtoyait ses semblables... La société n'a pas le temps et ne prend pas le temps de s'occuper des gens souffrants, qui sont différents; ils sont dérangeants et ne sont pas productifs...
Après avoir bénéficié de la lecture de « Retrouver l'enfant en soi », qui lui a fait le plus grand bien, « pucké » comme il l'était, la première idée qui lui a traversé l'esprit était d'écrire un livre, à son tour, pour aider d'autres personnes.

Il avait commencé ses « démarches de rétablissement » avec « Retrouver l'enfant en soi ». Par la suite, il a été volontaire pour suivre une thérapie, en cure fermée pendant 3 mois. Après, 5 mois ont dû s'écouler afin qu'il se donne de véritables outils pour « dépêtrer », « débroussailler » des pans de sa vie. Il voulait donc, en 2003, écrire un livre mais il en était incapable, n'était pas prêt et n'avait pas ramassé tous les morceaux de son casse-tête.
L'an dernier, en 2015, il a pris un temps d'arrêt et il s'est dit qu'il était temps d'écrire son volume, une histoire qu'il voulait partager. Il avait eu la chance de recevoir de l'aide et avait été touché par le cadeau de sa fille, lui ayant sauvé « sa vie d'avant ». À 40 ans, avec ses deux filles, elle va bien et « retrouver l'enfant en soi» a été fort heureusement le trait d'union entre eux et le pont de l'écriture vers lequel Jacques s'est dirigé, pour donner au suivant...

Daniel a beaucoup cheminé et s'est rendu compte des abus de l'Église et de l'État dans les années '40-'50-'60. La religion a fait marcher le peuple québécois, à genoux, à coups d'obéissance, d'approbation. La religion chapeautait tout, à sa façon, et par conséquent, elle a eu un grave impact en influençant le nombre d'enfants orphelins du Québec. On disait que les filles-mères étaient des putains, des « traînées » et les ecclésiastes exerçaient une pression indue sur les « bonnes familles catholiques chrétiennes » pour qu'elles délaissent leurs « pécheresses indignes » . Ces filles qui avaient commis « le péché de la chair» hors mariage déshonoraient leurs parents, leur famille, la paroisse, bref, la société toute entière et on ne les considérait que comme des dépravées à cause de l'ascendant négatif de l'Église et son pouvoir de persuasion incroyable. Elle était détentrice de LA vérité!

Les filles-mères n'avaient pas de ressources et les « bons chrétiens » s'abstenaient bien de les aider, d'une quelconque façon, de peur d'être montrés du doigt et qu'on les dénigre, à leur tour. Donc, ils les chassaient, les faisaient plutôt exiler et prétextaient un travail « en ville ». Ces mères ont pour la plupart souffert, seules, en silence, à l'écart, abandonnées, tout au long de leur grossesse et, par la suite, elles ont vécu toute une vie durant « emmurées » dans leur secret, leur serment, leur promesse de ne rien dire à savoir qu'elles avaient confié leur enfant à l'adoption.

Bientôt, vous pourrez vous procurer le livre de Daniel Lafrenière. Il sera disponible en version PDF et aura pour titre: « Kidnappées par l'Église. Trahies par l'État », sur son site Web, présentement en construction, à enfantensoie7@gmail.com

Son blogue est également en construction. Les gens pourront partager avec lui des expériences de vie semblables, pour briser le silence et pour s'entraider à l'adresse suivante: www.brisenoirceur.com

Merci à Normay et merci à M. Lafrenière pour son témoignage rempli d'humanisme. Bon succès dans ses futurs projets: recherches, livre et blogue. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay et merci aussi pour la pièce musicale qu'il a choisie et que j'aime particulièrement : « Manquer d'amour » (Marie-Denise Pelletier ). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

Si vous le désirez, vous pouvez aussi vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest
Mère d'origine qui a retrouvé sa fille en 2003

<< Retour


Mouvement Retrouvailles - adopté(e)s - non adopté(e)s - parents
Casier postal 47002
Lévis (Québec)
G6Z 2L3

Caroline Fortin, Présidente et coordonnatrice
Téléphone : 418 903 9960
Téléphone : 1 888 646 1060 (sans frais)
Télécopie : 418 834 9627

Téléchargez notre logo ou bannières

© 1996-2017 Mouvement Retrouvailles. Tous droits réservés, reproduction interdite.