Abonnez-vous à notre web radio sur soundcloud

  Abonnez-vous à notre chaîne YouTube


Émission "Loin des yeux, Près du coeur" - 10 juin 2016 Imprimer cette page

Partager

Émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 10 juin 2016

Normay St-Pierre reçoit Mme Louise Tardif, adoptée, qui a récemment retrouvé ses 4 frères.

Pour écouter votre émission :


*************************

Votre émission « Loin des yeux, près du coeur » du 10 juin 2016
Invitée: Mme Louise Tardif

CLIQUEZ sur le lien ci-dessous pour écouter l'émission:
https://soundcloud.com/…/loin-des-yeux-pres-du-coeur-10-jui…

Peu de temps avant son entrevue avec Normay, Mme Louise Tardif disait qu’elle était dans le « néant ». Cependant, elle avait l'intuition de foncer, d'aller de l'avant dans ses démarches de recherches pour sa mère d'origine. Sur les entrefaites, il y a eu des changements, dans sa vie...

Mme Tardif a partagé la lettre et la vidéo de son avis de recherche sur la page de Loin des yeux, près du coeur où elle s'adressait à sa mère. Ses propos nous démontraient beaucoup de compréhension, d'ouverture et sans rancune ni rancoeur. Son message était vrai, réconfortant et rejoignait celui de la plupart des personnes adoptées.

Rares sont celles qui en veulent à leur mère naturelle car elles savent que c'était une époque difficile où les mères hors-mariage étaient rejetées et n'avaient pas le choix de confier leur enfant à l'adoption. Elles ressentaient beaucoup de peine et de souffrances de devoir vivre dans l'ombre, dans une vie parallèle à celle de leur réalité. Elles devaient vivre la séparation d'avec leur bébé et aussi avec le poids d'un secret qui pesait lourd sur leurs consciences.

Ça va de soi qu'il est toujours plus agréable de se savoir enfants nés de l'amour plutôt qu'enfants nés d'une histoire d'horreur. Cependant, le facteur le plus important demeure encore et toujours la connaissance de ses origines, de son histoire et de ses appartenances.

Tout au cours de sa vie, Mme Tardif recherchait des ressemblances avec sa mère que ce soit avec la caissière de l'épicerie, la serveuse du restaurant etc. et, dans les centres commerciaux, elle « scannait » les gens pour trouver des ressemblances, dénominateur commun entre adopté(e)s.

Par le passé, elle n'avait pas entamé de démarches de recherches officiellement pour ne pas peiner sa famille adoptive. C'était sévère et elle savait que ses intentions n'auraient pas été bien comprises. Trois ans après le décès de son père adoptif, elle avait eu le temps de se préparer à différentes éventualités pour des retrouvailles potentielles avec sa mère. Quand elle s'est sentie prête, elle s'est donc lancée!

Après avoir lu la lettre et entendu le message de Mme Tardif à sa mère, sur Facebook, Mme Caroline Fortin, du Mouvement Retrouvailles, a pensé qu'une concordance pourrait être possible et a communiqué avec une fille de Mme Tardif. Sa mère était décédée mais ses quatre frères étaient à sa recherche depuis 26 ans. Ils étaient inscrits dans la banque de données du Mouvement Retrouvailles et, par conséquent, avec des dates, des photos, des ressemblances, tout concordait. Elle avait donc retrouvé quatre merveilleux frères! Il ne restait plus qu'à confirmer officiellement ses informations avec le Centre jeunesse. Elle a fait sa demande et elle est reconnaissante au Centre jeunesse pour la compréhension et pour le court laps de temps à recevoir sa réponse (24 heures) alors que c'est plutôt long, habituellement, pour les retrouvailles avec les fratries car les Centres jeunesse priorisent les retrouvailles pour les mères et pour les enfants mais, dans son cas, ce fut un délai rapide, très apprécié.

Quand elle a reçu l'appel officiel du Centre jeunesse, elle était heureuse, euphorique. Elle ressentait en elle qu'elle retrouverait, en avait le pressentiment mais elle croyait que ce serait des retrouvailles avec sa mère mais ce fut plutôt le cadeau de ses quatre frères. Il y en avait cinq, au total, mais un est décédé dans la quarantaine. Elle était donc la seule fille!

Dès qu'elle a su pour ses frères, elle voulait se rendre à Québec, où ils étaient, tellement l'enthousiasme était au rendez-vous! Elle a été chanceuse car elle n'a attendu que quatre jours. C'est court mais en même temps, comme elle le mentionnait, ce furent les quatre jours les plus longs de toute sa vie.

Les retrouvailles se sont déroulées chez Mme Fortin. Comme Mme Tardif est une femme sensible, elle pensait qu'elle pleurerait mais elle était plutôt « sur le neutre », comme si elle était bloquée de ses émotions et elle cherchait affinités et ressemblances.

Quand elle a rencontré Gaétan, il lui a ouvert tout grand les bras. C'est un solide gaillard de 6 pieds et 2 pouces, très démonstratif, et dans ses bras, elle s'est sentie redevenir une petite fille. Elle a ressenti une fusion, un sentiment d'appartenance et là, elle s'est autorisée à verser plusieurs larmes...

Elle a ressenti ENFIN l'amour familial, celui qu'elle avait recherché toute sa vie, tout en ressentant un nouveau bien-être, une nouvelle sécurité. Elle n'est plus toute seule car elle appartient maintenant à un « clan » et c'est sécurisant!

Avec Jean, un autre frère, ils n'ont pas besoin de parler; ils se comprennent sans mots. Il est son miroir, elle se voit en lui.

Le 19 juin 1959 c'était sa NAISSANCE mais le 23 avril, c'était le jour R pour Retrouvailles et R pour RE-NAISSANCE.

Les retrouvailles chez Caroline Fortin se sont bien déroulées car avoir une tierce personne qui a du recul, de l'expérience, qui n'est pas impliquée émotivement et a vécu aussi des retrouvailles, apporte un sentiment de sécurité. En tant qu'accompagnatrice, elle pouvait aider à faire les liens, au besoin, à casser la glace, aider à faire sortir les émotions, au moment opportun, quand c'était plus difficile. Elle pouvait s'avancer ou se retirer aussi, le cas échéant. C'est rassurant pour les personnes qui ont à vivre et à gérer une montagne d'émotions!

Ses frères sont chaleureux, savent exprimer leurs émotions, aiment l'humour, tout comme elle. Ils ont beaucoup souffert du fait que leur soeur, la seule fille, soit adoptée. Ils voulaient, en quelque sorte, la rassurer, la consoler, la réconforter en rapport avec sa/leur mère alors qu'elle leur a révélé qu'elle n'en voulait pas du tout à sa/leur mère et qu'elle comprenait son attitude d'alors. Elle n'était pas une mère méchante et elle avait fait du mieux qu'elle pouvait, avec ce qu'elle avait. Elle regardait Les Retrouvailles de Claire Lamarche et elle pleurait en pensant à sa fille. La mère biologique de Mme Tardif a mis au monde cinq enfants, tout comme elle et elles ont exercé toutes les deux le même métier.

Mme Tardif apprend à connaître la vie de sa mère de naissance par le biais de ses frères. Elle aimerait bien pouvoir se rendre au cimetière, pour se recueillir sur sa tombe, entre autres, et faire un genre de « pèlerinage » pour savoir où elle habitait, sans doute, où elle travaillait etc.

Ses frères ont appris son existence par une tante ce qui prouve, une fois de plus, que le secret des mères d'origine n'est jamais vraiment bien gardé. Il y a toujours quelqu'un, à quelque part, qui sait quelque chose et qui finit un jour par révéler ce secret, cette promesse de ne rien dire à quiconque...

Mme Tardif se « répare » tout doucement et se laisse aimer. Elle apprivoise sa nouvelle vie avec ses frères et ils communiquent souvent ensemble. Quant à sa mère, c'est dommage mais au moins, aujourd'hui, quand elle pense à elle, elle visualise un visage de par les photos qu'elle a reçues de ses frères. Aussi, ils peuvent lui raconter des pans de son histoire et ça permet de boucler des boucles... La famille est bien soudée et ses membres se découvrent, peu à peu, étape par étape, dans le respect de leurs limites et de leurs rythmes respectifs.

En conclusion, pour insuffler de l'espoir, Mme Tardif nous a dit de ne pas baisser les bras, de foncer et qu'il y a de bien belles histoires de retrouvailles; elle en est la preuve vivante. Ça vaut toujours la peine d'aller de l'avant. Même si on retrouve des personnes décédées ou que la relation bat de l'aile, au moins, certaines interrogations seront répondues.

Comme M. Robert Carrière (fondateur du site Histoire des Crèches au Québec (HCQ)) m'avait dit en 2002, lors d'une émission de Loin des yeux, près du coeur, à CJMS, à laquelle j'assistais, en tant que mère de naissance: « Tu ne peux pas en savoir moins que tu n'en sais déjà » et dans cette optique-là, c'est vrai qu'on ne perd rien en essayant de rechercher et on risque d'en savoir beaucoup plus, au final, et même parfois vivre des retrouvailles. Il faut risquer!

Merci à Normay et merci à Mme Tardif pour son entrevue plus que touchante, authentique et toute enveloppée d'amour et d'espoir. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay, et merci aussi pour la plage musicale « Toi qui manques à ma vie » (Natasha St-Pier ). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

Si vous désirez, vous pouvez aussi vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, «Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest

Mère d'origine qui a retrouvé sa fille en 2003

<< Retour


Mouvement Retrouvailles - adopté(e)s - non adopté(e)s - parents
Casier postal 47002
Lévis (Québec)
G6Z 2L3

Caroline Fortin, Présidente et coordonnatrice
Téléphone : 418 903 9960
Téléphone : 1 888 646 1060 (sans frais)
Télécopie : 418 834 9627

Téléchargez notre logo ou bannières

© 1996-2017 Mouvement Retrouvailles. Tous droits réservés, reproduction interdite.