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Émission Loin des yeux, Près du coeur - 19 mai 2016 Imprimer cette page

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Émission « Loin des yeux, Près du cœur » du 19 mai 2016.

Mme Normay St-Pierre reçoit Mme Cécile Tétreault, adoptée, qui a retrouvé sa famille biologique suite au décès de sa mère d'origine.

Pour écouter votre émission :




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Résumé de votre émission « Loin des yeux, près du cœur » du 19 mai 2016
Invitée: Mme Cécile Tétreault

D'entrée de jeu, Normay offre ses remerciements à Caroline Fortin et aux bénévoles du Mouvement Retrouvailles pour l'organisation du colloque. Elle parle également de l'importance de la conférence de Lucie Bourdeau portant sur « Les défis des relations post-retrouvailles » avec un discours bien vulgarisé. Normay remercie Anik St-Pierre pour le volet musical et la félicite pour son grand talent et pour sa passion communicative. En soirée, un bel hommage a été rendu à Lyne Perron, fondatrice d'Adoption, Émotions, Retrouvailles, pour les 15 ans d'existence du site. Je profite de l'occasion pour remercier aussi Normay, qui a assuré l'animation de cette belle journée et merci aux responsables de la sonorisation et de l'éclairage. Une belle réussite! C'est un rendez-vous, pour l'an prochain, pour un nouveau colloque!

Mme Tétreault a retrouvé une partie de sa famille biologique. Elle a fait sa demande d'antécédents sociobiologiques au Centre jeunesse. Dans son dossier, elle avait son nom, sans doute fictif, pensait-elle, mais elle a quand même misé sur ce nom, qui était le bon, au final, et avec lequel elle a entrepris ses démarches.

Avec le nom, au départ, il y a 20-25 ans, elle s'est rendue au Mouvement Retrouvailles. Par la suite, elle a communiqué avec son Centre jeunesse pour ses parents recherchés. Sa mère n'était pas décédée, à cette période, mais il y a eu refus de contact et Mme Tétreault n'a pas reçu d'explications de la part de la travailleuse sociale. Sous le choc, à ce moment-là, elle a voulu arrêter ses recherches mais une petite voix lui disait en elle de continuer, d'aller plus loin, ce qu'elle a fait, heureusement.

Un jour, elle a rencontré quelqu'un qui a sorti sa carte d'affaires. À ce moment-là, elle a vu sa carte de membre du Mouvement Retrouvailles. Il lui a fourni certaines informations et par la suite, elle s'est rendue à des cafés-rencontres du Mouvement Retrouvailles sur la Rive-Sud de Montréal. Elle a ressenti le besoin d'aller plus avant dans ses recherches ayant sans doute trouvé des encouragements et de l'espoir au sein du Mouvement Retrouvailles, entre autres.

Avec les renseignements du Centre jeunesse, Mme Tétreault a contacté une dame qui faisait des recherches. Avec l'âge de sa mère, à sa naissance, et avec l'âge de ses grands-parents, à sa naissance (6 ans de différence) et si le nom de famille était le bon, ça la menait au nom de famille « Coutu », 4 000 environ au Québec, ce qui n'est pas très courant par rapport aux Tremblay, Gagnon, Côté, par exemple.

Sa mère serait née en 1929, la 13e d'une famille de 15 enfants (confirmation par une soeur, ultérieurement). Elle aurait accouché à l'Hôpital de la Miséricorde de Montréal. La confirmation du décès de sa mère fut en 1998. La mère et la fille portaient alors le même prénom soit celui de Denise. Sa mère d'origine l'avait « réservée » mais, même s'il y avait une « réservation », la plupart du temps c'était un nom fictif qui apparaissait au dossier et, même si certaines mères payaient pour la pension de leur bébé, pour pouvoir le reprendre, par la suite, ils étaient quand même souvent adoptés.

La dame qui l'aidait dans ses recherches a « épluché » les familles de Coutu, le nom de sa mère. Sur l'avis de décès de sa mère, en 1998, il était indiqué le décès de son conjoint en 1997 avec le nom de leurs enfants, au nombre de 6 soit 4 filles et 2 garçons.

À 60 ans, toujours autant déterminée, après que son amie eut retrouvé sans doute sa famille d'origine, elle décide elle-même d'appeler en choisissant le nom de l'aînée (peut-être avait-elle su quelque chose?). Sa quête d'identité était toujours très forte. Elle a donc recherché son numéro de téléphone, l'a trouvé, a pris son courage à deux mains, et l'a appelée.

Elle lui a expliqué tout de suite qu'elle ne faisait pas de sollicitation. Elle avait une requête dont elle voulait lui faire part, côté généalogie, à savoir qu'elles seraient dans la même famille et auraient probablement la même mère. Ce fut tout un choc, une bombe, car sa soeur n'en savait rien! Aucun des autres enfants n'était au courant de cette naissance mais une tante de Mme Tétreault, fort heureusement, a pu confirmer cette naissance dans les années '50. Mme Tétreault a donc décidé de la rencontrer, pour la connaître davantage. Cette soeur, plutôt ébranlée par ces révélations, a appris cette nouvelle aux autres membres de la famille, le soir même. Jamais personne n'aurait pensé que leur mère avait eu un enfant hors-mariage (secret bien gardé), qui aurait sans doute fait des vagues, ce qui a expliqué davantage à Mme Tétreault les raisons du refus de contact de sa mère.

Ce qui est encore plus surprenant, sa mère d'origine l'a mise au monde à l'âge de 23 ans mais elle aurait donné naissance aussi à un autre enfant alors qu'elle avait 17 ans. Mme Tétreault et les autres membres de sa famille le recherchent donc. Une tante était au courant des grossesses de sa soeur mais avait toujours gardé le secret, selon le désir de sa soeur. Tous ensemble, ils veulent donc retrouver ce garçon né en 1947.

Les circonstances de sa naissance restent nébuleuses. Il serait né à la maison et serait ensuite parti avec le médecin-accoucheur et le curé de la paroisse vers la Crèche de la Miséricorde de Montréal mais il n'y a pas de confirmation officielle de ces dires. Mme Tétreault a écrit son avis de recherche sur Facebook et sur le site du Mouvement Retrouvailles. D'après leur tante, leur mère aurait retrouvé son fils, l'aurait rencontré mais ce qui est plutôt particulier, il ne se serait pas manifesté à son décès ou après. Un gros point d'interrogation demeure!

Mme Tétreault a retrouvé les membres de sa famille, il y a 3 ans. Ils habitent aux alentours de Montréal soit sur la Rive-Nord et la Rive-Sud de Montréal. Les réactions de ses 4 soeurs et de ses 2 frères ont été différentes. Certain(e)s ont réagi émotivement, impulsivement et d'autres ont conservé une certaine réserve. Tout s'est stabilisé, au fil du temps, et elle est comblée et se sent très bien parmi eux, dans une belle famille lui permettant de s'ouvrir à de nouveaux horizons avec les conjoint(e)s et les enfants qui se sont rajoutés. En rencontrant des cousin(e)s, elle a pu remarquer et apprécier qu'ENFIN elle ressemblait à quelqu'un(e) et ça lui a fait beaucoup de bien, ce lien d'appartenance!

Normay nous racontait qu'elle aussi, dans son histoire de vie d'adoptée, une tante avait gardé le secret tel que demandé par sa soeur. C'était l'époque de la honte, du rejet, des préjugés et de la culpabilité des mères. Elles ne voulaient donc pas parler des naissances illégitimes où elles avaient souffert de ne pas avoir été soutenues, aidées. Elles avaient été abandonnées par leurs parents et par leurs amoureux qui bien souvent, leur avaient fait miroiter l'idée d'un mariage prochain mais quand une grossesse leur était annoncée, ils prenaient la poudre d'escampette, la plupart du temps, pour ne plus revenir...

Pour Mme Tétreault, sa tante se sentait liée à sa soeur, par un secret, qu'elle ne voulait pas trahir. De plus, il y avait un prêtre dans la famille et sa mère d'origine lui aurait demandé s'il était préférable qu'elle confie son secret avant de mourir et il lui aurait répondu qu'il valait mieux qu'elle quitte en emportant son secret et, comme la religion catholique décidait de tout, c'est ce qui est arrivé...

Elle pleurait souvent, était morose à certaines périodes de l'année, plus particulièrement (naissance de ses enfants, fête des mères, aux Fêtes), tout comme les autres mères biologiques qui n'ont pas pu révéler leur secret. Leurs proches s'interrogeaient souvent sur cette tristesse, qui revenait fréquemment, jusqu'au jour où ils en apprenaient la raison alors là, tout s'expliquait enfin pour eux! Ils pouvaient maintenant comprendre le comportement, l'attitude de leur mère mais pas avant.

Mme Tétreault est née en 1952. C'est une femme persévérante, qui n'a pas froid aux yeux et qui n'a pas voulu baisser les bras. Elle n'en n'a jamais voulu à sa mère de ne pas avoir pu la garder. Elle n'avait pas le choix et elle le comprend très bien. Sa mère avait dû être meurtrie et vivre du rejet comme les autres mères de naissance, qui confiaient leur enfant à l'adoption, Cependant, la vie lui a donné un bien beau retour des choses en retrouvant ses soeurs et ses frères mais il en manque encore un...

Merci à Normay, merci et bon succès à Mme Cécile Tétreault. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay, et merci aussi pour la très jolie pièce musicale « La moitié de moi » (Paroles et musique d'Anik St-Pierre. Elle chante avec sa fille ). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

Vous pouvez aussi vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest
Mère d'origine qui a retrouvé sa fille en 2003

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