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Émission Loin des yeux, Près du coeur - 5 mai 2016 Imprimer cette page

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Votre émission “Loin des yeux, Près du coeur” du 5 mai 2016

Normay St-Pierre reçoit Mme Julie La Trimouille, adoptée, qui nous raconte ses retrouvailles avec sa famille d'origine en 1990.

Pour écouter votre émission :

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Résumé de votre émission Loin des yeux près du coeur du 5 mai 2016
Invitée: Mme Julie La Trimouille

Mme La Trimouille nous raconte ses retrouvailles avec sa famille d'origine.

Elle a fait un séjour à la Crèche de la Miséricorde de Montréal jusqu'à l'âge de 8 mois, environ, où elle fut ensuite adoptée. Vers ses 12-14 ans, elle a ressenti le besoin de connaître ses origines biologiques. Cependant, à ses 24 ans, quand elle est devenue enceinte, (élément souvent déclencheur pour entamer des recherches) sa quête d'identité s'est faite de plus en plus forte et pressante. De fil en aiguille, elle a donc envoyé une lettre au Centre des Services Sociaux (Centre jeunesse, maintenant), dans la région de l'Outaouais et une lettre d'une cousine, étonnamment, était au dossier. Les responsables ont donc pu faire un jumelage. Cette cousine était en fait la filleule de sa mère d'origine. Ils ont pris contact ensemble et Mme La Trimouille a rencontré ses grands-parents biologiques. Ils lui ont montré des photos de sa mère naturelle, lui ont parlé de son histoire, de son vécu, au fil du temps. Ils lui ont appris qu'à chaque mois de juillet, celle-ci revivait les moments difficiles de sa séparation déchirante d'avec Julie. Sa mère serait maintenant âgée de 70 ans.

Mme La Trimouille a toujours eu l'appui de sa mère adoptive lors de ses démarches de recherches, en saisissant bien l'importance que revêtait la connaissance de ses origines. Sa grand-mère biologique et sa mère adoptive se sont rencontrées et racontées...

Les religieuses ont mis beaucoup de pression sur elle pour qu'elle fasse son devoir de mère et qu'elle laisse son bébé aller dans une famille où le père et la mère y seraient et pourraient lui apporter une plus belle vie. Sa mère est revenue à la crèche, à trois reprises, pour la chercher. On lui aurait menti en disant la première fois, qu'elle était promise en adoption, la seconde fois, qu'elle était malade et la dernière fois, qu'elle était décédée. Comme c'est cruel, atroce! Elle a donc finalement signé les documents de l'acte d'adoption. Il y avait une période de 6 mois et même davantage à savoir tant et aussi longtemps que l'adoption légale n'avait pas été prononcée où la mère biologique pouvait revenir chercher son enfant. La plupart des mères n'étaient même pas au courant de ce détail; ce n'était pas respecté, dans les faits. Bien sûr, on ne le criait pas sur tous les toits! Cependant, les parents adoptifs étaient mis au courant, eux, de cette période de délai et la peur de s'attacher à leur enfant et de le perdre, par la suite, était difficile à vivre. Comme elle avait 8 mois lors de son adoption, sa mère aurait pu venir la reprendre si les religieuses ne lui avaient pas trafiqué la vérité... Ces mêmes religieuses faisaient prêter serment aux futures mères qu'elles ne devaient jamais révéler l'existence de cet enfant, qu'elles avaient péché et qu'elles devaient ne confier leur secret à personne.

Lors des messes dominicales, les mères mieux nanties pouvaient se cacher sous un voile pour ne pas être reconnues alors que celles qui étaient pauvres, ne pouvaient pas le faire et étaient donc reconnues par le grand public. Certaines personnes y assistaient justement pour pouvoir propager des « cancans ». Les mères biologiques, pour expier leur faute, se devaient de répéter une prière « bourrage de crâne » qui ne faisait que les juger, les dévaloriser. Il s'agit de « La prière de l'indigne ». Si vous voulez plus d'informations en rapport avec les crèches, vous pouvez vous rendre sur le site l'Histoire des Crèches au Québec (HCQ) où il y a plusieurs documents et images de cette période de notre histoire peu reluisante, au Québec. Voici le lien: https://www.facebook.com/groups/histoiredescrechesauquebec/?fref=ts

La grand-mère biologique de Mme La Trimouille avait des lettres et des photos qu'elle laissait traîner délibérément et sa fille fut toute étonnée, quand, des années plus tard, elle a vu la photo de sa propre fille alors qu'elle la croyait décédée. La ressemblance était frappante avec une autre de ses filles mais elle ne reconnaissait pas ses vêtements, et pour cause!
Sa grand-mère a pu lui raconter l'histoire de sa mère car même si Mme La Trimouille a été bien aimée et choyée, a bien grandi, il n'en demeure pas moins qu'elle s'interrogeait à savoir de qui lui venait ses yeux bleus, ses cheveux frisés, à qui elle ressemblait, ses traits de caractère etc. Ses expressions et ses airs de famille ont fait en sorte de créer un lien très fort avec sa grand-mère maternelle.

Il y a eu des moments où elle s'est bercée avec sa grand-mère. Ce furent de purs moments de bonheur car elle lui racontait des pans de vie de sa mère, entre autres. Elle n'en veut pas à sa mère mais elle en veut à la société, en général, et à l'Église, en particulier, pour avoir rejeté du revers de la main la vie de plusieurs milliers d'enfants sous prétexte qu'ils étaient illégitimes. Confier leur enfant à l'adoption n'en demeurait pas moins un geste d'amour et le seul que les mères pouvaient envisager, ne recevant pas d'aide. Mme La Trimouille a fait la paix avec ce qui s'est passé, dans son histoire de vie. Elle avait un « trou noir » à combler et elle l'a rempli. Maintenant, un lourd fardeau est disparu et elle continue de créer des liens avec sa famille biologique autour d'elle.

Sa mère avait 21 ans, à sa naissance, et a quitté son village. Après son accouchement, elle s'est réfugiée quelque temps chez une belle-soeur, à Montréal, et est retournée par la suite dans son petit village, en Outaouais. Seulement sa soeur et les personnes qui l'ont hébergée devaient être au courant de cette grossesse/naissance. Heureusement qu'il y avait une lettre de sa cousine, dans son dossier. Comment s'est-elle retrouvée là, pourquoi? Aucune idée mais l'important c'est qu'elle y était et grâce à cette missive, Mme La Trimouille a pu prendre contact avec les siens.

En ce qui a trait à sa mère d'origine, à chaque fois qu'elle la contactait, sa mère souffrait (son passé) et ça lui faisait de plus en plus mal. Personne ne lui a ouvert la porte, ne s'est assis avec elle pour la faire parler ne voulant pas trahir son secret alors qu'en fait, le secret n'était pas bien gardé puisqu'au fond, toute la famille était au courant. Sa mère a reçu des traitements d'électro-chocs pour tenter de lui faire oublier sa grossesse et sa naissance qui ont laissé en elle des séquelles dépressives, psychotiques, très souffrantes à cause de sa séparation d'avec son bébé.

Sa soeur aurait demandé à sa mère d'origine, avec une approche toute en douceur, si elle avait eu un enfant, par le passé, mais sans la confronter. Elle s'est fait programmer pour oublier, en fait...

Tous les membres de sa famille biologique maternelle sont des gens bien extraordinaires. Sa grand-mère maternelle, aurait dit, par ailleurs, à Mme La Trimouille, de se tenir loin de son père biologique, qu'il n'était pas vraiment « recommandable ». Cependant, il y a 2 ans, elle a vu la photo d'un homme qui lui ressemblait beaucoup, dans une chronique nécrologique, par Facebook et c'était son père. Elle a su qu'il était irresponsable, qu'il avait eu plusieurs femmes, qu'il avait mis deux femmes enceintes alors qu'il était marié. Quand la mère de Mme La Trimouille lui a appris la nouvelle, il voulait qu'elle se fasse avorter alors que pour elle, il avait été son grand amour. Il était beau parleur, lui avait fait de grandes promesses et son plus grand malheur est de l'avoir cru. Par la suite, il est parti, s'est désengagé. Il s'est avéré qu'il ne lui avait même pas donné son véritable nom!

Merci à Normay et merci à Mme Julie La Trimouille pour son témoignage bien intéressant et rempli de compréhension et de compassion à l'endroit de sa mère d'origine. Merci pour le soutien technique de Jean-Paul, le bras droit de Normay, et merci aussi pour la pièce musicale qu'il a choisie: « C'est parce que je t'aime » (Claude Valade). Merci au Mouvement Retrouvailles pour la commandite de l'émission.

Vous pouvez aussi vous procurer le livre de Normay St-Pierre, écrit en collaboration avec Pauline Gill, « Je vous ai tant cherchée » aux Éditions VLB.

À la semaine prochaine!

Marthe Charest
Mère d'origine qui a retrouvé sa fille

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