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Nouvelle émission - Loin des yeux, Près du coeur - 23 février 2016 Imprimer cette page

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Loin des yeux, Près du coeur - Votre émission du 23 février 2016

Normay St-Pierre reçoit M. Richard Lemire, auteur de "Et si ma mère avait un nom " et de sa suite "Des maux parmi ces mots". Ces deux livres relatent ses démarches de retrouvailles, pas toujours faciles.

Écoutez votre émission :

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Votre résumé de l'émission :

D'entrée de jeu, Normay nous fait part qu'elle a déjà reçu son invité du jour, M. Richard Lemire, par le passé (31 juillet 2011). Il est l'auteur de trois romans dont deux traitant du monde de l'adoption.

M. Lemire a publié son premier roman, en 2009, « Et si ma mère avait un nom » qui porte sur l'histoire touchante d'un homme de 62 ans, de son adoption, de toutes les péripéties et de toute la gamme d'émotions vécues au long de ses recherches intensives pour retrouver sa mère d'origine, de leurs retrouvailles et de leurs souffrances respectives. Il traite également de sa vie difficile, du monde cruel des orphelinats où sévices corporels et abus sexuels étaient le lot de plusieurs enfants. Il est question également de la période de la « grande noirceur » avec Maurice Duplessis.

Il a été courageux et déterminé de commettre son volume car après que sa mère l'a reconnu comme enfant, par téléphone, il lui a envoyé une lettre mais elle a refusé le contact. Il a donc ressenti un deuxième rejet car dans son parcours de vie, entre la vingtaine où il avait entamé ses recherches et la soixantaine, à ce moment-là, il n'a pas pu rencontrer sa mère biologique.

En écrivant son livre, dans les débuts, il exorcisait sa haine, ses frustrations et sa colère contre sa mère mais, par la suite, son livre est plutôt devenu un hommage à sa mère qu'il a appris à aimer et à comprendre en se disant qu'elle devait avoir ses raisons pour le confier à l'adoption.

M. Lemire a récidivé en 2014 avec « Des maux parmi ses mots » qui est la suite de « Et si ma mère avait un nom ». Dans celui-ci, il se fait le porte-parole et le défenseur des mères biologiques des années '40-'50 en se plaçant dans leur peau, en dénonçant cette époque tout en racontant leurs douloureux parcours de vie. Il a apporté ses réflexions sur leurs vécus, dans une société puritaine, où les mères célibataires étaient rejetées par leurs familles, jugées par la population et bannies par le clergé qui exerçait sur les gens et sur les institutions, un pouvoir et un contrôle incroyables. Très peu de gens étaient assez audacieux pour transgresser l'Église.

Ces mères étaient des pécheresses, des déviantes forcées d'« abandonner » leurs enfants, fruits du péché, de l'amour hors-mariage. Ces enfants étaient donc des illégitimes, des « enfants du péché » ou alors nommés plus souvent, vulgairement, des « bâtards » et étaient rejetés tout comme leurs mères.

M. Lemire décrit cet univers qui a vraiment existé dans un Québec avec ces moeurs maintenant révolues, d'il n'y a pas si longtemps où des mères « indignes » devaient confier leur enfant à l'adoption, vivre avec leur choix qui n'en était pas vraiment un, il était plutôt forcé, imposé. Par la suite, ces mères de naissance devaient assumer seules les conséquences de leurs actes, sans soutien, et ce, tout au long de leur vie au nom de la morale religieuse de cette époque. On a tenu à cacher ces pans de notre histoire peu reluisante et M. Lemire , lui, tient à la faire connaître à la jeune génération et à la population québécoise, en général. Ce sont des parcours de vie difficiles à entendre et à comprendre où la réalité dépassait la fiction avec toutes ces abominations commises, à nous faire trembler d'horreur et à nous donner des nausées, aujourd'hui!

Dans ce roman, les injustices, les révoltes, les souffrances, l'hypocrisie et les mensonges côtoient la tristesse, les petites joies, la honte, la culpabilité, les interrogations sans réponses et le manque évident de charité chrétienne, entre autres.

Par le biais d'un journal fictif, l'auteur parle de rage, de colère, de sérénité et de toute une gamme de sentiments qui pourraient bien se retrouver dans un journal intime réel, celui de sa mère, qui a dû vivre toutes ces émotions qu'il a décrites et qu'elle doit garder encore dans son coeur et dans sa mémoire.

M. Lemire a inventé le prétexte d'un épisode au salon funéraire, comme si sa mère naturelle était décédée. Il est question de frères et de soeurs qui trouvent sa présence au salon importante alors qu'une tante n'accepte pas du tout de le voir là, en pareilles circonstances. Ce n'est que pour faire réaliser et comprendre que parfois, dans des familles retrouvées, tout n'est pas rose! Les post-retrouvailles ne sont pas que des contes de fées et plusieurs adaptations et ajustements sont à faire.

Depuis 2012-2013, M. Lemire continue toujours de communiquer avec sa mère mais uniquement via des appels téléphoniques, encore pour l'instant. Il ne l'a toujours pas rencontrée. Il n'a pas apprécié du tout son premier appel au cours duquel sa mère était déplaisante et sèche. Sur la défensive, elle lui aurait avoué qu'il ne faisait pas partie de sa vie. Ce furent des propos blessants, souffrants et même décourageants pour poursuivre pareille relation mais c'était sans compter sur la détermination de M. Lemire. Malgré tout, il ne lui en veut aucunement d'avoir eu une telle réaction.

Sa mère de naissance a reçu ses deux livres de la part d'une dame en généalogie. Elle les aurait lus et les aurait appréciés mais M. Lemire se demande dans quelle mesure, jusqu'à quel point en a-t-elle vraiment compris le message?

Lors de leurs conversations téléphoniques, sa mère parle toujours au début d'une manière abrupte, réticente, habitée par la peur, par la méfiance, ayant sans doute vécu des choses terribles mais vers la fin des appels, après avoir discuté tout doucement avec elle, elle devient plus douce. Il parle avec elle de situations, d'événements, au présent. Il aimerait lui parler de son/leur passé mais il profite de chaque instant, au présent, de peur de tout faire basculer. Il ne veut pas lui en demander trop...

Il ne sait pas ce qui s'est passé dans la vie de sa mère mais il sait qu'elle est meurtrie et qu'elle n'a pas vécu une bonne relation avec son père biologique. Elle lui a dit : «Tu es aussi « crasse » (canaille) que ton père! » Il a appris le nom de son père et par conséquent, il est remonté à sa famille paternelle (Vermont). Il connaît tout aussi de sa famille maternelle, qu'il rencontre. Sa mère est au courant de ces visites et trouve qu'il est fonceur comme son père. Elle lui aurait avoué qu'elle pourrait peut-être le rencontrer advenant le cas où il ne rencontrerait pas ses autres enfants. Il ne veut en aucun cas « débarquer » dans sa vie car ce serait un manque flagrant de respect à son endroit et il n'aurait aucun droit ni aucune raison de se comporter de cette façon. Il ne lui en tient pas rigueur. Elle lui a fait cadeau de la vie alors qu'elle aurait pu se faire avorter même si c'était extrêmement rare, à cette époque.

Sa mère a 87 ans et lui, 70 ans donc 17 ans les séparent. Il est évident qu'ils ont moins d'années devant eux que derrière et que ce sont les années de la dernière chance... M. Lemire vit dans l'espoir que la retrouvaille puisse se concrétiser. Au moins, il possède son identité, ses origines et il considère que tout le reste est en bonus.

Normay nous suggère fortement de se procurer son/ses roman/s (richard11lemire@gmail.com). Son dernier livre, s'adresse donc plus particulièrement aux mères d'origine mais en le lisant, les personnes adoptées peuvent réfléchir et comprendre davantage les conditions dans lesquelles leurs mères étaient placées, de par ses propos.

Merci à Normay et à M. Lemire. Encore beaucoup d'espoir pour l'avenir! Ce serait un beau cadeau pour les deux parties concernées! Merci à Jean-Paul (collaborateur) et au Mouvement Retrouvailles pour sa commandite. Merci pour la mélodie « J't'aime tout court » (Nicola Ciccone)

À la semaine prochaine!

Marthe Charest

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