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Article du quotidien Le Soleil, 3 juin 2009 Imprimer cette page

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Des secrets qui empoisonnent l'existence

(Québec) Des secrets de famille, qui n'en a pas dans le placard? De ces choses honteuses ou inadmissibles que, de génération en génération, on a cachées pour sauver la face, se donner l'impression d'être normal ou éviter de souffrir.

On peut même affirmer que chaque famille a sa part d'événements qui ont été érigés en secrets, que ce soit l'abandon d'un bébé, le passé criminel d'un oncle, un avortement, l'inceste d'une cousine ou la dépendance aux drogues d'un frère. Dans notre paysage télévisuel, le téléroman L'héritage de Victor Lévy-Beaulieu et plus récemment La promesse contenaient une multitude de secrets. Des sujets tabous qui au fur et à mesure de l'intrigue éclataient au grand jour.

Mais attention : ces secrets petits ou grands ont des conséquences sur la santé de ceux qui les subissent. Dans sa pratique à l'hôpital Notre-Dame de Montréal, la Dre Marie-Dominique Beaulieu, qui est aussi professeure en médecine familiale au Centre de recherche du CHUM, a constaté que les secrets de famille avaient une incidence sur la guérison de certains de ses patients à cause du poids étouffant des non-dits. Le psychanalyste français Serge Tisseron, qui a longuement étudié la problématique des secrets, les décrit comme des tueurs dont la première victime est le bonheur d'exister.

Toujours d'après Tisseron, les secrets de famille, comme on a trop tendance à le croire, ne sont pas organisés autour d'événements coupables ou honteux. En fait, dit-il, les fameuses fautes de nos ancêtres ne constituent qu'une part très minime des secrets.

Par contre, leurs effets psychologiques sont indéniables. Les soeurs Doris et Lise Langlois ont traité des dizaines et des
dizaines de personnes étouffées par leur besoin de révéler un secret. Toutes deux sont psychothérapeutes.

Mais ce qui les anime, c'est l'intégration de diverses approches thérapeutiques pour mieux répondre au besoin de ceux qui consultent. Une de ces approches concerne l'arbre généalogique qui permet de découvrir les influences venues de nos ancêtres. Des thérapies qui dépassent le cercle papa, maman et moi, pour mettre en jeu l'inconscient familial et transgénérationnel. Pour transmettre leur savoir, elles ont écrit La psychogénétique : transformer son héritage psychologique, qui est devenu un outil de référence ici et à l'étranger. «On se considère comme des fanas de l'intégration», déclare en entrevue Lise Langlois.

Un chapitre de leur livre est consacré au secret familial. Doris Langlois y décrit l'expérience traumatisante de Diane (prénom fictif), qui, à l'âge de neuf ans, fut témoin de l'agression d'une mineure par son grand-père. Un homme vénéré par toute la famille. Ce secret, elle l'a gardé pendant près de 30 ans. «À l'époque, j'aurais bien voulu en parler, dit-elle, mais personne ne semblait entendre.» Résultat : ses reins ont bloqué. À partir de ce moment, dans sa tête d'enfant, Diane a senti qu'elle devait se taire. «J'ai mis ce secret-là à côté de moi, puis un beau jour, le souvenir est remonté avec une extrême précision sensorielle.»

«Une fois que le secret a refait surface, si les gens pensent qu'on peut le dévoiler n'importe comment, ils se trompent, affirme Lise Langlois. En agissant avec précipitation, ils risquent au contraire de créer davantage de souffrances pour eux-mêmes et les autres. Il faut connaître le mode d'emploi et se donner les outils nécessaires», poursuit-elle. Le premier est de se construire un réseau de soutien en identifiant les personnes les plus susceptibles de recevoir notre secret tout en se protégeant des réactions de nos confidents «parce que si vous ne le faites pas», explique Doris, l'expérience traumatisante vécue dans l'enfance risque de se répéter à l'âge adulte. «Et là, ça peut être très dommageable.»

Les familles qui gardent un secret le font souvent pour préserver l'équilibre du clan et éviter le rejet. On ne doit pas leur jeter la pierre, déclare Doris<

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